Yvan Vassileff vient de nous quitter

Elu pendant 25 ans, cette figure du village est décédée
à l'âge de 78 ans.
Yvan était apprécié par tous.
En son hommage, nous publions ici l'article paru dans le journal "les Nouvelles" l'été dernier.

Tout a commencé par une question: «Et si on faisait le portrait d’Yvan?» Large approbation, vote inutile. Cette proposition s’impose d’elle-même, au moins pour une raison simple: un quart de siècle (1989-2014) passé au service des Sauvagnonnais, dont la moitié en qualité de maire-adjoint, ce n’est tout de même pas rien. Respect! Va donc pour Yvan Vassileff. Mais une autre question s’invite aussitôt: Par où commencer? Il serait en effet dérisoire d’imaginer qu’on puisse faire le tour du bonhomme en quatre phrases.
Les quelques témoignages recueillis, ici et là, suffisent d’ailleurs pour se faire une idée sur l’ampleur de la tâche. Car, aujourd’hui encore, la seule évocation d’Yvan, très entouré jusqu’au bout par sa famille et son épouse Janine, suffit pour faire émerger des tas d’anecdotes, d’histoires vécues, de souvenirs savoureux. La vie d’Yvan ressemblait un peu – osons l’écrire – à un inventaire à la Prévert. Avec, comme point d’ancrage indéfectible, Sauvagnon «son» village. Ce lieu pour lequel «il a toujours eu un projet en tête» clament dans un bel élan collectif les «filles» de la mairie. Qu’il s’agisse «d’aménager l’oppidum, un local poubelles, de restaurer la Maison pour Tous, de créer la maison de la Nature pour l’association des chasseurs dont il est toujours le vice-président…. La liste n’est bien sûr pas exhaustive…
Au crédit de l’élu, on versera aussi l’opération de collecte des «Bouchons de l’Espoir» dont le fruit a souvent envahi son domicile avec des sacs emplis jusqu’à la gueule! On ne va non plus passer sous silence l’attention particulière qu’il a su porter à ce trésor communal qu’est le bois de Sauvagnon, un lieu où Yvan, «l’homme des bois», restera pour l’histoire le dernier des «paloumayres».

Yvan et le «Gitan»

Bâtisseur dans l’âme, solide et bon comme le pain, cet Yvan-là, qui a dédié sa vie professionnelle à diriger une entreprise de menuiserie, ressemblait aussi à une sorte d’homme-orchestre. Un peu touche-à-tout, éclectique, avec des centres d’intérêts multiples. Heureux de pouvoir s’afficher comme «l’ami des jeunes», il était par exemple tout autant attaché viscéralement à l’histoire et au savoir détenu par nos anciens. Et puis, impossible de ne pas s’arrêter, au moins un instant, sur la face la plus débridée du personnage. Sans remonter aux calendes grecques, nous dirons que les soirées les plus mémorables en sa présence font, depuis, l’objet d’une prescription!
Pour autant, qui n’a pas, un jour, entendu le bougre, verbe haut et voix de ténor à l’appui, entonner a capella son incontournable «Gitan»… A chaque interprétation – «à la fois remarquable et très personnelle» disent certains – ce morceau de bravoure, signé Daniel Guichard, était comme ressuscité par Yvan Vassileff. Les acteurs du petit monde local de la balle ovale peuvent, comme tant d’autres, en témoigner. Les troisièmes mi-temps de l’AS Pont Long en résonnent encore. Et Dieu sait si elles furent nombreuses puisque ce supporter-collectionneur de la première heure était, peut-être, le seul détenteur de toutes les cartes d’abonné au club de rugby.
Le bonhomme nous manque déjà…

Les obsèques auront lieu samedi 16 décembre à 14h00 en l’église de Sauvagnon